Nicolet.                                   169
de fe retirer ; ce que l'autre ayant fait, de demis le boulevart où il étoit, il a continué de dire au plaignant différentes injures des plus groffières en le forçant de fortir pour fe battre avec lui et l'appelant à cet effet. Que lui com­parant s'eft trouvé pouffé de manière à ne pouvoir fe difpenfer de fortir, et effectivement étant forti, il a mis l'épée à la main contre ce particulier; et. comme ils fe battoient, la garde eft furvenue qui les a fait ceffer et ledit Bazin s'eft évadé. Mais comme la nommée Duhamel, qu'il occupe comme actrice dans fon jeu et qui eft ou vertement la maîtreffe dudit fleur Bazin, a été trouvée par la garde fur ce lieu et que tout le monde difoit que cette fille étoit caufe des injures et fottifes que ledit Bazin avoit dites au plaignant, ladite garde l'a arrêtée et auffi amenée par-devant nous. Ajoutant le comparant qu'il eft à fa connoiffance que ledit Bazin a eu ordre, il y a un an ou 18 mois ou environ, de ne point porter l'épée fous peine d'aller à Bicetre et que ces jours-ci il ne portoit pas effectivement l'épée et qu'il faut que par deffein prémédité il fe foit muni d'une épée ce matin pour le venir infulter chez lui cette après-midi.
Signé : Nicolet.
En fuite de quoi avons fait comparoitre ladite particulière arrêtée, laquelle a dit fe nommer Marie-Catherine Duhamel, fille native dc Paris, âgée de 17 ans et demi, étant dc la troupe du fleur Nicolet pour pantomimes, tra­vaillant dans fon jeu fur le boulevart, demeurant faubourg St-Denis, maifon du fleur Florat, orfèvre, près l'Ecu, chez fa mère. Avons interpellé ladite particulière de nous dire quelle affinité il y a entre elle et le nommé Bazin, peintre î
A dit qu'elle connoît un nommé Bazin feulement du jeu de deffus le bou­levart.
Enquife de nous dire fi elle n'a pas engagé le nommé Bazin de prendre fon fait et caufe contre le fleur Nicolet, maître du jeu où elle travaille, à rai-fon de querelles qu'elle avoit eues hier avec d'autres filles du même fpec-tacle et qui avoient été trouvées mauvaifes par le maître du jeu ?
A dit que non.
Dont et de quoi elle requiert acte.
En conféquence avons fait relaxer ledit Nicolet et ladite Duhamel, et les avons envoyés à fe pourvoir ainfi qu'ils aviferont bon étre. Dont et du tout cc que deffus avons fait et dreffé le préfent procès-verbal.
Signé: Maillot.
{Archiva âts Comm., n° 3765.)
III              .
L'an 1759, 1- mardi io juillet, fix heures de relevée, en notre hôtel et par­devant nous Antoine-Joachim Thiot, etc., eft comparu Antoine André, ap-